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LE JARDINAGE SELON VIVALDI - [07/01/2019] - ELISABETH & MACKENZIE
Elisabeth Wagner
The ROVER
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Dim 9 Juin - 22:58
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Le
Jardin

Antonio
Vivaldi

Le jardinage selon Vivaldi
Sept janvier deux mille dix-neuf. Vingt heures trente. Le soleil se couche enfin, baignant l'étendue désertique où est installée la ville de ses beaux rayons d'un camaïeu de rose et d'orange. Telle une renarde, Elisabeth montre enfin le bout de son nez, après s'être terrée dans sa chambre toute la journée. Pas tenue de camouflage cette fois, juste une simple robe légère en lin. Dans sa main, l'étui de son violon. D'un pas décidé, faisant bien attention à éviter l'éventuelle foule, elle se dirige vers le jardin, qui devrait être calme à cet instant de la soirée. Bingo, elle est seule. Un tête à tête avec les plantations, qui semblent avoir bien besoin de son aide en cette période estivale étouffante. Des rumeurs circulaient depuis des années que les plantes étaient sensibles à la musique, notamment à la musique classique, qui devrait les aider à pousser. Une bonne façon de lier l'utile à l'agréable pour notre Allemande.

Après un soupir satisfait, elle pose doucement l'étui au sol, puis retire ses chaussures, qu'elle range parallèlement à celui-ci. Après quelques secondes d'étirements, particulièrement des bras, épaules et de la nuque, elle se penche pour délivrer le violon de sa protection, le sortant avec toute la délicatesse du monde. Un objet précieux, aussi bien financièrement que sentimentalement. Elisabeth chérissait ce Stradivarius plus que tout, sans exagération. L'archet est ôté de sa housse en soie, avant d'être inspecté sous tous ses angles, pour s'assurer de son bon état. Quelques notes pour s'assurer que l'instrument est toujours accordé.  Une fois satisfaite, la rousse sourit, agite ses orteils dans les brins d'herbe brûlée, et prend une longue inspiration.



Évidemment, ça manque d'un orchestre pour sublimer cette mélodie, qu'elle connaît littéralement sur le bout des doigts. Mais la musique n'en est pas lésée pour autant. Les yeux verts se ferment, et c'est à cet instant précis qu'Elisabeth prend vie. Pas de sourire poli, pas de faux semblants. Son violon comme seul compagnon, elle peut enfin être elle même. Le visage aux traits fins s'anime. Les sourcils se froncent et se détendent, les lèvres se crispent souvent, et parfois sourient. Bercée par les notes qui vibrent contre sa joue, elle se laisse aller. Les fruits et légumes ne sont pas un public aussi enthousiaste que celui de l'Opera de Sydney, mais ils ont le mérite d'être silencieux. Le corps svelte se meut gracieusement, en parfaite harmonie avec le concerto de Vivaldi.

En parfaite communion avec son violon, l'artiste n'entend ni ne voit la silhouette qui pourtant s'approche au loin.

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Mackenzie Hollister
The ROVER
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Lun 10 Juin - 22:02
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Wagner
Elisabeth

Hollister
Mackenzie

Le jardinage selon Vivaldi
Le mois était passé relativement vite, et Mackenzie ne s'en était pas vraiment rendu compte. Elle qui avait eut du mal à se réhabituer à une vie en communauté, s'était assez vite familiarisé avec le lieu.
Les relations restaient quelque peu délicate. Sur certain point elle avait encore du mal à s'y faire, mais elle ne doutait pas de son évolution positive.

Ce soir là la chaleur était insoutenable. Comme depuis un moment, l'air était étouffant et rester enfermée dans sa chambre n'était pas vraiment une solution.
Elle sortie donc pour prendre l'air. Mais même à l'extérieur il n'y avait pas vraiment de souffle de vent frais qui pourrait l'aider à se détendre.

Ce baladant lentement dans les allés de cette ville délimité et protégé, elle croisa quelque personne qu'elle salua d'un signe de tête poli. Quelques sourires de-ci de-là, mais elle n'avait pas vraiment la tête à discuter lorsque l'une d'entre elle l'accapara pour être arbitre sur un sujet de discorde entre elle et son mari. Les problèmes de couple elle n'en avait cure.

Pour éviter de se retrouver dans une autre position tel que celle-ci, elle prit un petit chemin qui menait vers le jardin qui, elle l'espérait, serait inoccupé ou avec quelques personnes qui ne prêteraient pas attention à elle.

Cependant, une mélodie s'éleva et attira son attention. Un son si doux et si mélodieux qu'elle s'arrêta cherchant malgré elle, à savoir d'où cela venait.
Plus elle s'avançait, plus le son s'intensifiait, plus la mélodie était hypnotisante et captivante.

Un air de déjà entendu lui traversa l'esprit. Après tout ce genre de musique passait sur les ondes avant. Sauf que celle-ci était différente.
S'approchant d'un peu plus prêt, elle se trouva dos à une femme qui maintenant contre son menton un violon. Grande, belle, élancé, rousse. Inclinant la tête, elle resta là à l'observer, à l'écouter, à se laisser bercer tout en fermant les yeux.

Transporter par la musique, elle se revit quelques années en arrière, alors qu'une femme donnait un concerto de musique de ce genre et dont elle avait été désignée malgré elle pour écrire un papier sur cette femme. Mais cela ne pouvait pas être elle …

la musique s'était arrêté sans qu'elle ne s'en rende compte, et sentant un regard posé sur elle et un vide rendant l'atmosphère plus pesante, elle rouvrit les yeux pour tomber nez à nez avec la belle rousse.

« Oh .. désolée je ne voulais pas vous déranger .. c'était magnifique »



L'oubli est fait du silence des morts et du mutisme des vivants.
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Elisabeth Wagner
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Lun 10 Juin - 23:04
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Mackenzie
Hollister

Elisabeth
Wagner

Le jardinage selon Vivaldi

C'est devant une audience dont elle n'a pas encore conscience qu'Elisabeth donne la fin de son concert. Mackenzie a au moins la politesse de ne pas l'interrompre, ce qui est appréciable. Les dernières notes arrivent, et lentement, sa bulle de tranquillité se perce. Le retour à la réalité est désagréable au possible, comme d'habitude. Après un long soupire, à s'en crever le cœur, la rouquine observe les alentours, essuyant son front humide d'un revers de la main. La chaleur des projecteurs est presque insignifiante face au cagnard perpétuel de ce fichu pays. Il lui arrive souvent de rêver d'un hiver en Bavière, à lire un livre devant sa cheminée, mais cette vie-là est bien loin désormais.

Les yeux verts se posent sur la silhouette de la brune posée à quelques mètres de là, les yeux fermés. L'espace d'une seconde, elle se demande depuis combien de temps elle est là, même si ça n'a pas vraiment d'importance. Pendant un moment silencieux, elle prend le temps de l'observer. Bien évidemment, son visage lui est vaguement familier, Mackenzie étant en ville depuis un mois déjà. Mais il lui paraît moins inconnu que les autres. Un souvenir étrangement plus vieux. Un léger froncement de sourcils plus tard, et l'australienne retrouve le monde qui l'entoure.

Un petit hochement de tête face aux excuses, et comme réponse au compliment, pas de remerciement, mais un début de sourire, sincère cette fois. C'est assez rare pour être remarqué. Pourquoi la remercier d'énoncer une vérité universelle ? Avec beaucoup d'attention, l'Allemande range délicatement l'instrument dans son étui, qu'elle referme aussitôt, avant de s'approcher de son unique spectatrice. Visiblement, Mackenzie a trouvé comment l'amadouer, faisant tomber une des nombreuses barrières savamment imposées par la bourgeoise.

- Je me disais que l'Été était de mise.

Une courte pause.

- Ravie de voir que cette musique touche encore certains... Jeunes.

Elisabeth s'arrête à quelques pas seulement de la brunette, qu'elle observe de la tête aux pieds une nouvelle fois, sans réellement chercher à se cacher. La tête rousse se penche un instant sur le côté, ses sourcils se froncent à nouveau.

- C'est étrange, j'ai l'impression que votre visage ne m'est pas inconnu...
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Mackenzie Hollister
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Mer 12 Juin - 17:59
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Wagner
Elisabeth

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Mackenzie

Le jardinage selon Vivaldi
Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas écouté de la musique. De la bonne musique. Peu importe le style. Il y a quelques mois en arrière elle aurait donné n'importe quoi pour pouvoir en écouter. Et là, elle se sentait bercée, transportée, captivée par le son sortant de cet instrument si rare de nos jours.

Etrangement, elle aurait aimé et même voulu que cela dure plus longtemps et ne s'arrête jamais. Et lorsque la musique prit fin, c'est comme si elle tombait dans un gouffre sans fond, la ramenant ainsi sur terre.

Tombant face à la joueuse, elle paru surprise par un tas de choses. Cette sensation étrange de l'avoir déjà vue, déjà entendu, déjà rencontré. Pourtant, cela ne se pourrait pas. Si ?

« L'été ? » Répéta-t-elle machinalement, l'air hagard avant de comprendre « Oh oui, le temps, c'est vrai il fait chaud »

Le silence se fit quelque peu, elle en profita pour observer cette femme. Ne l'avait-elle pas vu plus tôt ? Si, sûrement, un de ces soirs alors qu'elle prenait le repas dans la cafétéria. Elle s'était demandé d'ailleurs quand cette femme était arrivée.

« C'est une musique qui ne se démode pas, et franchement, elle fait du bien » Pour appuyé ses dires, elle opina fortement de la tête, démontrant ainsi la véracité de ses propos. Certes, ce son et cet instrument aurait été plus approprié pour une certaine tranche d'âge, mais cela dans un temps révolu. Pouvait-on faire la fine bouche de nos jours ? «  C'est fascinant comme vous faite corps avec votre instrument, vous donnez l'impression de ne faire qu'un avec lui, c'est magnifique »

Un flash s'insinua dans son esprit, alors que la femme devant elle la dévisageait, un air de déjà vu, les mêmes mots avaient été prononcés quelques années plus tôt. Et cette femme lui ressemblait beaucoup au final, avec peut-être quelques rides en moins, mais toujours cette classe et cette prestance qui impose le respect

« C'est marrant je me disais exactement la même chose, peut-être que nous nous sommes croisées à Sydney si vous étiez du coin, j'y étais journaliste pour un grand journal local »



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Elisabeth Wagner
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Ven 14 Juin - 21:47
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Mackenzie
Hollister

Elisabeth
Wagner

Le jardinage selon Vivaldi

Un petit sourire en coin fit son apparition face à la réaction de la brune. Elle s'attendait à ce qu'elle ne comprenne pas la référence, et c'était effectivement ce qui arriva. Visiblement de bonne humeur, elle pris la peine de lui expliquer, sans trop la juger.

- Je viens de vous jouer l’Été, des Quatre Saisons de Vivaldi.

Sans doute comprendra-t-elle mieux ainsi. Silencieuse un instant, Elisabeth continue à détailler Mackenzie, l'écoutant d'une oreille un peu distraite. Elle manquait peut-être de culture en musique classique, comme beaucoup, mais elle ne manquait pas de flatter son ego, ce qui est toujours un bon point quand on s'adresse à elle, surtout quand la flatterie touche la musique. Combo gagnant.

- J'ai passé plus de temps avec ce violon qu'avec n'importe qui dans ma vie.

Encore un compliment qui restera sans remerciement. La rousse finit par froncer les sourcils à l'évocation de la capitale australienne, la dévisageant encore plus. C'était il y a si longtemps, et elle a tendance à oublier instantanément les visages qui ne la marquent pas, qu'il lui fait un moment pour faire le rapprochement.

- Oui j'étais à Sydney il y a trois ans, effectivement. La dernière date de notre tournée. Si nous avions su ce qui allait se passer dans ce misérable pays par la suite, nous aurions choisi une destination moins... létale.

Un petit soupir, avant de reprendre.

- Vous aviez écrit sur ce concert d'ailleurs, n'est-ce pas ? J'ai un vague souvenir de vous dans ce contexte. Le monde est petit.

Un nouveau froncement de sourcil.

- Et quel est votre nom, déjà ?
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Mackenzie Hollister
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Dim 30 Juin - 18:33
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Wagner
Elisabeth

Hollister
Mackenzie

Le jardinage selon Vivaldi
Oh la boulette ! Mac venait de faire une erreur monumentale, et elle écarquilla les yeux en comprenant qu'elle ne parlait pas de saison mais de titre. Se mordant la lèvre, le regard soudain penaud elle ouvrit la bouche, cherchant quoi dire pour se rattraper mais visiblement c'était trop tard

« Je suis désolée .. j'ai jamais vraiment retenu les titres de ce genre de musique ni même pu les associés à une mélodie … »

Elle n'allait pas lui mentir la dessus, elle n'aurait su le faire de toute façon

« Mais je connais j'ai déjà entendu » Histoire de se rattraper et de ne pas passer pour une ignare. Un sourire ultra brite pour terminer sa phrase, en espérant qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur.

« Ca se voit et ça s'entend surtout. La musique n'est pas un domaine que je maîtrise vraiment, mais j'ai eu l'occasion de passer quelques temps avec certains musiciens et je dois admettre que vous êtes une des seules qui donne cette impression de symbiose » Pour confirmer ses mots, elle opina de la tête, faisant bougé lentement ses cheveux noirs.

Ce sentiment de déjà vue déjà entendu s'insinuait en elle de plus en plus qu'elle se trouvait en présence de cette femme, et c'est lorsqu'elle lui dit qu'elle avait joué à Sydney et qu'elles auraient pu se rencontré la bas que les pièces du puzzle s'assemblèrent et ne formèrent plus qu'un

« Mais oui ! Je me souviens maintenant ! » Son doigt pointait en sa direction et oscillait de haut en bas tout en se remémorant cette soirée et cette interview qu'elle devait faire de cette talentueuse artiste. L'expression de son visage changea radicalement. Le regard pétillant, un sourire immense étirait ses lèvres « Vous étiez magnifique ! Vous l'êtes toujours ! Comme c'est étrange de vous retrouver ici … » Après une brève hésitation, elle tendit sa main vers la rousse pour se présenter «  Mackenzie .. Hollister … Et vous vous êtes Elisabeth .. Désolée mais votre nom ne m'est pas revenu . »



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